Alexandre DAOUST, enfant de Bioul, sculpteur de grand talent, professeur de mathématiques et de dessin à l'Athénée Royal de Dinant, professeur de dessin à l'Université Populaire de Dinant et à
Burnot, a perdu la vie le mardi 7 janvier 1947 dans un stupide accident de tram.
Ce soir, il se rendait par le dernier autorail, chez M. CLAES, peintre à Champion. Le tram venait de quitter l'arrêt de Champion, lorsque M. DAOUST vit qu'il passait outre de sa destination et
sauta brusquement en bas du véhicule. Il semblerait qu'il se soit accroché au marche-pied et fut entraîné sous les roues. Personne ne s'était aperçu du drame, pas même le conducteur du tram qui
poursuivit sa progression. La valise de M. DAOUST fut traînée jusqu'à Meeffe et ramenée ensuite à Champion.
Lorsqu'on découvrit la victime, elle avait cessé de vivre, la colonne vertébrale rompue. La gendarmerie, le Parquet, un expert et un médecin sont descendus sur place pour effectuer les formalités
d'usage.
Alexandre DAOUST, né à Bioul le 5 juin 1886, époux de Mme Emma BILA, habitait à Dinant et était le père de trois enfants.
Les funérailles.
On avait rarement vu à Dinant, une affluence aussi considérable participer à des funérailles comme celles d'Alexandre DAOUST qui ont été célébrées le samedi 11 janvier à 10 heures en l'église
Saint-Paul.
A la mortuaire, comme d'ailleurs à l'église, ce fut un interminable défilé d'amis venus rendre un dernier hommage au regretté disparu. La chambre mortuaire était abondamment fleurie et quatre des
plus récentes œuvres du grand sculpteur encadraient son cercueil.
A la lévée du corps, devant une foule émue et recueillie, en présence de très nombreuses personnalités locales, Conseil Communal au complet, artistes, professeurs, délégations avec drapeaux des
différentes écoles où le défunt professait, l'éloge funèbre de M. DAOUST a été prononcé par M. Léon SASSERATH, au nom du Collège Echevinal, de l'Administration Communale, de la cité toute
entière, et de ses innombrables amis.
Puis, ce fut au tour de M. Mathieu MATHUS, préfet de l'Athénée Royal et de M. Etienne COUSOT, directeur de l'Ecole Professionnelle et Industrielle de Dinant, de prononcer d'émouvantes paroles
d'adieu à M. DAOUST.
Tour à tour, chacun des orateurs a célébré la mémoire de l'ami généreux et sincère, de l'homme loyal et franc, du professeur dévoué et consciencieux, de l'artiste au grand talent en même temps
que du citoyen d'élite, du chrétien et du parfait père de famille que tout Dinant regrette.
Mais comme l'a dit l'un d'eux, si Alexandre DAOUST est mort, ses œuvres nous restent.
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Son œuvre principale "Le Poilu".
L'élève qu'il fut jadis de l'Ecole des Métiers d'Art de Maredsous, s'est établi à Dinant et, très rapidement, s'est fait connaître en réalisant une œuvre statutaire hardie, pleine de mouvement,
son monument érigé à Dinant à la gloire du "Poilu" de France, un chef-d'œuvre de vie et de belle technique.
Sa célébrité s'amplifia aussi, par des œuvres religieuses, chemins de croix et autres bas-reliefs, par une foule de statuettes folkloriques ou mythologiques.
En 1940, le monument aux Fusillés 1914 du Rivage dont l'allégorie déplaisait aux Allemands, ceux-ci l'on détruit. Peu avant la mort de l'artiste, le comité du monument l'avait
chargé de dresser le projet pour un nouveau mémorial.
C'est tout le milieu artistique du Namurois, de Dinant en particulier et de la vallée de la Molignée qui s'est senti attristé
par cette disparition inopinée et, bien sûr, la population de Bioul, son village natal, a compati à la douleur de sa famille si cruellement éprouvée.
Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du mercredi 8 janvier 1947.
"Le Poilu", monument d'Alexandre DAOUST érigé à la citadelle de Dinant.
Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du lundi 13 janvier 1947.
Alexandre DAOUST
(1886 - 1947)
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